L’interview Cash

Janice Cooper/

                     

Janice : Bonjour Jocelyn. Nous allons passer un petit moment ensemble. Belle occasion, puisque vous êtes rare sur les médias. Ma première question est : est-ce une volonté de votre part, vous cachez-vous ?

 

Jocelyn : Pas du tout. En fait mon équipe et moi négocions avec un photographe canadien, une session pour une série de photos. Celles-ci seront publiées sur le net et sur certains fanzines comme le votre bientôt. J’attendais de trouver le photographe qui me paraissait idéal avec l’esprit Spirit World, tout simplement.

 

Janice : Bon. Parlons maintenant des parutions à venir. Wizröz, votre quatorzième album sera distribué sur environ 250 plateformes à travers le monde, accompagné par la diffusion de Niltaahk volume 1, Niltaahk volume 2 et Trisölogia,  respectivement vos treizième, douzième et neuvième album. Existe-t-il une raison précise pour publier ces albums en même temps ?

 

Jocelyn : Ces trois opus, Wizröz, Niltaahk et Trisölogia sont une trilogie basée sur l’esprit de ce que j’imagine être notre prochaine histoire universelle, du point de vue spirituelle. Non pas religieux, mais uniquement philosophique et spirituel. En l’occurrence, l’ère du verseau. La seule différence est que Wizröz est plus axé sur la numérologie, ou ce qu’on appelle l’enneagramme.

 

Janice  Sans rentrer dans les détails sur le sujet de l’enneagramme, ce que j’en ai appris est qu’il s’agit d’un système de caractérologie alliant la psychologie et le côté spirituel de chaque humain. Il y a neuf profils avec des sous-types définissant un trait de caractère, ses points forts, ses points de faiblesse. Il y a des chemins à franchir pour évoluer. Ceux à esquiver pour éviter la régression. Chaque individu sur terre correspond à un type avec son sous-type. Ce système est utilisé par des thérapeutes de la PNL, ou en psychologie. Avec Wizröz, vous avez voulu représenter ce schéma sur treize titres, suis-je exact ? :  

 

Jocelyn  Votre commentaire résume bien ce que j’ai tenté de faire. En fait Wizröz est l’histoire d’une fille qui se regarde au travers d’un miroir, et qui ne voit pas son reflet. Ce qu’elle voit dans ce miroir est la silhouette d’un personnage, ni vraiment homme, ni vraiment femme qui l’invite à traverser l’objet. Elle doit se retrouver elle-même. Elle le fait et rencontre différents individus correspondant à un type précis du diagramme de l’enneagramme. Toutes les qualités vertueuses mais aussi touts les défauts de l’homme y sont représentés. Elle finira par se retrouver au fond d’un couloir où une porte s’ouvre sur un monde appelé Wizröz. Quand elle ressort du miroir et s’y regarde, elle se voit de nouveau. Voila l’histoire.

 

Janice : Je saisis. Avec de telles histoires nous sommes loin des récits d’amour chers aux chanteurs et chanteuses de variété. D’ailleurs que pensez-vous de ces derniers. Notamment en France, puisque vous êtes français. Vos albums se vendent assez bien mais sans comparaison avec ceux des artistes de la chanson française. Cela vous irrite t’il ?

 

Jocelyn  Je n’ai aucuns soucis par rapport à ce monde de la variété. Nous ne faisons pas le même travail, ni ne sommes au même étage. Ils ou elles sont là pour divertir, quelque fois faire réfléchir les auditeurs. Il est normal qu’ils vendent beaucoup plus que les musiques dites d’écoute. Je ne pense pas qu’un groupe comme Magma ou que des musiciens comme Yochk’O Seffer ou le regretté Jacques Thollot aient eu des chiffres de ventes comparables avec ceux de grands artistes de la variété, de la pop française de la techno ou du Rapp. Le monde est fait ainsi. Quand il y a un effort à faire sur un film, une musique ou une œuvre littéraire, il y a moins de postulants à s’y coller. Le phénomène était ainsi dans les années 70, cela continue. Moi, je suis distant par rapport à la vague du buzz. Je fais mon travail tranquillement, je trace ma route sans regarder à droite ni à gauche. Et j’ai une bonne équipe pour cela.

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Janice : Exact. Je connais bien Nina Stevens et Shally Yakus. La première est américaine, la deuxième est une anglaise originaire d’Afrique du sud. Comment s’organise d’un point marketing et commercial votre affaire. Surtout depuis 2013 avec l’album Trisölogia, puisque la nouvelle équipe date de cette époque. 

 

Jocelyn : Nina supervise et s’occupe de toutes démarches financières et marketing. Elle a élaboré sur une période de dix années, un réseau de sponsoring et de partenariat alternatif. En dehors du circuit You tube, Google ou Face book qui ne nous correspond pas. Celui-ci est parfait pour des artistes produisant des œuvres musicales grand public. Mais Nina s’est focalisée sur des sociétés uniquement basées sur des activités alternatives. Notre masse financière est moins importante mais suffisante pour alimenter la production et la distribution de chaque album, sans se préoccuper de créer un buzz ou de l’excitation commercial. Nos vues sur You Tube sont faibles mais cela n’a aucune conséquence sur nos ventes. Il y a des artistes qui affichent des milliers de vues et qui vendent très peu. Il y a l’intérieur et l’extérieur de ce que l’on voit. Nina et son adjoint Ruth Jenkins travaillent dans l’intériorité.

 

Janice : Avec la production, il y a aussi l’édition avec Rosebell laboratory, en Australie,  et le management avec Nicetone-Neeting, à Ramsgate (Grande-Bretagne) et Los Angeles (U.S.A). Vous avez les trois outils de productions nécessaires pour être indépendant. Vous vouliez arriver à cela ?

 

Jocelyn : Oui. Je n’avais pas le choix. Aucun label n’aurait pu s’occuper de façon satisfaisante de la production de ce style musical. Il me faut avouer que j’e n’ai pas confiance envers les dirigeants des maisons de productions. Ni les indépendantes encore moins les Majors.

 

Janice : Parmi les nouveaux musiciens de vos deux groupes, The Family Experience et  The Electric Dedication il y a le guitariste Michaël L.Melrose. Dois-je y voir un lien de parenté avec la directrice de Nicetone-Neeting Helen J.Melrose qui est anglaise ?

 

Jocelyn : Ils sont cousins. Helen me l’a présenté en 2015. Nous nous sommes bien entendus. Je lui ai proposé l’aventure sur Wizröz, il a accepté. Je le vois peu, il vit en Australie.

 

Janice : Avez-vous encore une pensée pour votre ancien guitariste ? Celui de l’époque d’Orpheus-Kaïgua, Patrick Hachi, avec qui vous vous entendiez bien ?

 

Jocelyn : Oui. J’ai non seulement apprécié de travailler avec lui, mais j’aimais les réflexions qu’il avait vis-à-vis de la vie en général. Patrick comprend beaucoup de chose. Musicalement il a tout compris. Je suppose qu’il n’apprécie pas tout ce que je fais maintenant, mais je sais que contrairement à beaucoup d’autre, parmi les personnalités avec qui j’ai travaillé à la même époque, qu’il comprend encore ma musique. D’autres comme certaines de mes anciennes choristes ont décroché. Il s’agit d’un cheminement normal. Il y a toujours une différence entre le créateur d’une œuvre et ceux qui ne sont que interprètes. Comme le public, parfois ils s’accrochent, parfois ils décrochent. Le fond est le même. Je travaille toujours pour l’ère du verseau mais la forme est différente.

 

Janice : Je comprends. Toujours pas de concerts en vue ?

 

Jocelyn : Pas pour le moment. Cela viendra.

 

Janice : Bon. En dehors des Etats-Unis, de l’Angleterre, de l’Australie, du Canada et de l’Allemagne, la France reste un souci pour vous. Il y a un décalage entre l’offre musical offerte aux français qui passe du rap, à la techno, de la variété à la pop ou du rock ? Nina a-t-elle prévue quelque chose pour améliorer les ventes concernant Wizröz ?

 

Jocelyn : En fait, seules les concerts offrent le meilleur moyen de véhiculer commercialement cette musique. Encore faut-il trouver les bons réseaux susceptibles d’accueillir une formation de douze musiciens jouant un style singulier. Nina travaille là dessus. Nous réfléchissons avec l’un de nos partenaires alternatifs à la création d’un réseau de diffusion sur le net. Mais là je ne peux rien vous en dire de plus.

 

Janice : Il y a beaucoup de monde sur ces 4 albums. Que font ces musiciens entre deux sessions d’enregistrements, puisque vous ne faites aucun concert pour le moment ?

 

Jocelyn : Ils ont tous des activités annexes. Le professorat pour le bassiste et le guitariste. De la postsynchronisation pour le cinéma pour les cuivres, du théâtre pour les chanteuses. De plus ils vivent tous assez loin des uns des autres. Canada, Etats-Unis, Angleterre et Afrique du Sud. Nina se charge de les réunir, de planifier leurs déplacements, leurs hébergements avec nourriture, et de leurs attribuer leurs rémunérations. Nous sommes comme sur une production de film, les personnes se rencontrent ou se croisent. Puis chacun repart chez lui. Nina a travaillé pour la télévision et le cinéma auparavant. Elle a adapté sa méthode à la notre.

 

Janice : Et pour la ravissante blonde Shally Yakus, le batteur, qui est coproductrice A quoi se résume son rôle auprès de vous ?

 

Jocelyn : Elle voulait s’investir davantage dans la couleur sonore des prochains albums. Elle a un diplôme d’ingénieur du son. Evidemment j’ai accepté. Elle est d’une aide très professionnelle.

 

Janice: Bien sur. Je crois que vous pensez déjà au quinzième album. Un projet axé sur l’utilisation d’une Stick Bass qui sera jouée par votre bassiste Don Meredith. En quelques lignes pouvez-vous expliquer ce qu’est une Stick Bass ?

 

Jocelyn Cet instrument «électrifié est un dérivé d’une guitare. Il a été inventé et conçu par un guitariste de jazz américain nommé Emmett Chapman, en Californie durant l’année 1969. Cet instrument se joue en position verticale, possède 8, 10 ou 12 cordes séparées en partie basse et partie mélodique. Les deux parties se jouent en picking, et peuvent être amplifiées séparément. Les meilleures représentants de ce merveilleux stick sont en autres : Alfonso Johnson, Tony Levin ou en France Bernard Pagano ti sur ses albums solo. Don et moi nous sommes mis d’accord pour mettre en avant ce Chapman Stick sur le prochain album. Mais je n’en dirai pas plus.

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Janice : Vous vouliez remercier particulièrement l’état américain de l’Illinois et les Ukrainiens de leurs présences sur les sites du groupe multimédia Sirius-Neeting sur le net.

 

Jocelyn : Oui. Entre 80 et 110 pays ont visités les sites de sirius-neeting.com, sirius-neeting.net, jocelynpage.com et les autres sites comme Gracewood ou Seelook. Nous en sommes très reconnaissants. Je voulais expressément envoyer mon salut aux visiteurs   de l’état de l’Illinois, Etats-Unis. Et aux internautes de l’Ukraine qui nous sont fidèles. Pensées à vous, et que vivent la musique et la liberté.

 

 

Janice : Bonne chose et heureuse pensée. Merci pour ce moment. Evidemment nous nous reverrons bientôt. Bonne route à votre équipe et vous-même, bonne chance à la Spirit World music.

 

Jocelyn : Merci Janice, et à bientôt.

 

 

Janice Cooper. People say. Interview par telephone: 30 juin 2017

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